"La 3e voie…"

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille
Home Témoignages Emma, professeur des écoles, Académie de Versailles

Emma, professeur des écoles, Académie de Versailles

Envoyer Imprimer

Enseignement explicite

Mise en situation : expériences et constats

Au sein d’une classe de CM1/CM2, j’ai pratiqué une mise en situation systématique à chaque nouvelle notion abordée (et ce quelle que soit la discipline) à partir du 3ème trimestre. Auparavant, le collègue remplacé utilisait la méthode dite “constructiviste”.

Rappel sur la mise en situation

Elle se déroule en 3 étapes :

1. On nomme d’entrée de jeu la notion sur laquelle on va travailler, de façon totalement explicite.
2. On explique aux élèves ce qu’ils seront capables de faire une fois la notion étudiée, ce à quoi elle va leur servir.
3. On donne un exemple concret d’utilisation de la notion une fois maîtrisée.

Expériences et constats

En utilisant cette méthode dans une classe de niveau plutôt faible, on note un impact très positif, de plusieurs points de vue.

Sur le plan de la tenue de la classe, une telle pratique a permis de mieux canaliser les élèves perturbateurs qui d’ordinaire empêchaient clairement le groupe de travailler. En effet, les enfants prennent d’entrée de jeu conscience du type de travail qui les attend, de ce qu’on va exiger d’eux et surtout à quelle fin. Il est plus facile de se concentrer ou de s’intéresser lorsqu’on sait de quoi on parle. D’autre part, leur donner un exemple du résultat “fini” (étape 3 de la mis en situation) leur permet de constater que réussir est à leur portée, voir de dédramatiser pour les élèves les plus en difficulté.

Sur le plan de la compréhension, les résultats de cette méthode sont probants. La leçon est plus vite comprise car les objectifs sont ciblés clairement dès le début. Ainsi, sur une série d’exercices qui suit une leçon, les élèves réussissent davantage qu’avec une méthode où la notion étudiée doit être déduite par observation et concertation du groupe. De même, lors des séances de systématisation ou de réinvestissement, les élèves s’approprient plus vite et réutilisent plus facilement la notion. Il semble évident que l’étape de la mise en situation conditionne l’acquisition d’une notion ou d’un savoir faire.

Au niveau de l’évaluation, j’ai pu comparer l’étude d’un même thème en sciences sur 2 groupes de même niveau (CM1/CM2) en décloisonnement. Avec le premier groupe, j’ai utilisé la méthode constructiviste en suivant scrupuleusement le guide du maître. Avec le second, j’ai utilisé les mêmes documents mais en choisissant la méthode explicite et donc la mise en situation initiale. Sur la même évaluation finale et avec un même barème, on note 4 points d’écart dans les moyennes des 2 groupes, la méthode explicite s’avérant de loin la meilleure. D’autre part, la séquence a été beaucoup plus courte avec la pédagogie explicite, ce qui a permis d’avancer beaucoup plus rapidement dans le programme.


Conclusion

La mise en situation est un moment court mais d’une importance capitale. En quelques minutes, on délimite une sorte de “sentier” d’apprentissage qui guide les élèves vers un objectif identifié, concret, voire même palpable. Mettre l’élève sur un chemin balisé n’est pas l’assister ou l’empêcher d’accéder à un apprentissage “intelligent”. Loin de résoudre tous les problèmes, la mise en situation s’avère néanmoins un outil d’apprentissage simple et efficace.

Mise à jour le Dimanche, 20 Décembre 2009 14:19  

Identification

Une reconnaissance ministérielle


dénommée antérieurement 3evoie


Qui est en ligne ?

Nous avons 168 invités en ligne

À LA UNE !