"La 3e voie…"

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille
Home Témoignages Brigitte, Professeur des écoles, Académie de Montpellier

Brigitte, Professeur des écoles, Académie de Montpellier

Envoyer Imprimer

Entrée dans l’Éducation Nationale en 1977, je fais partie de cette génération d’instituteurs/trices qui ont appliqué pendant de longues années la pédagogie prônée par nos écoles normales puis par les IUFM et qui, devant les résultats moyens sinon médiocres - au prix parfois d’un investissement personnel acharné - , ouvrent les yeux sur une autre façon d’enseigner.

Tout d’abord, d’une façon empirique en retenant ce qui marche en classe sans oser encore mettre le nom d’“instructionnisme” sur mes pratiques, puis en recherchant grâce à Internet et aussi à des lectures “subversives”, je comprends que le constat n’est pas personnel mais assez partagé, quoique peu assumé (le poids de la fameuse culpabilité de l’enseignant face à l’échec !).

La découverte puis la fréquentation du site de “La 3e voie...” me permet enfin d’avoir des réponses à de nombreuses questions et aussi des perspectives pour ma pratique de classe. Le cadre précis et progressif de la pédagogie explicite est rassurant et obéit à un grand bon sens. Cette année, j’ai commencé à l’appliquer dans ma classe de GS. Il fallait répondre à des questions précises et récurrentes en Maternelle. En voici quelques unes :
- Comment capter l’attention des élèves pendant plus de 5 minutes ?
- Comment être entendue sinon écoutée par plus de 3 ou 4 élèves ?
- Comment aborder, faire comprendre une notion nouvelle ? De quelle manière ?
- Comment savoir si chacun a compris ce que j’explique ?
- Comment réduire le bruit dans la classe où s’applique le “dogme” des ateliers ?

Il a fallu réfléchir à une autre organisation matérielle, à un autre emploi du temps et surtout à une autre façon d’enseigner, tout en gardant une spécificité maternelle.

Organisation matérielle

La classe fonctionne en deux groupes : une demi-classe qui travaille avec moi et l’autre demi-classe qui travaille sous la surveillance de l’Atsem. Pour que les enfants ne soient pas trop nombreux dans un même atelier, chaque demi-classe est divisée en deux groupes (niveau hétérogène), ce qui permet d’organiser deux ateliers différents avec l’Atsem.

Disposition matérielle

Un groupe de tables de deux correspondant à une demi-classe, face au tableau, placées en deux rangs.
Deux groupes de tables disposées en atelier.

Organisation pédagogique / Emploi du temps

Dans l’emploi du temps, je mets une leçon de “français” avant la récréation du matin pour une demi-classe, puis une leçon de maths pour l’autre demi-classe après la récréation. Le lendemain, j’alterne les groupes. Pendant la leçon, l’autre demi-groupe s’exerce sous la conduite de l’Atsem à des exercices d’application d’une notion étudiée précédemment en leçon, les élèves utilisent des jeux pédagogiques en autonomie, s’entraînent en faisant des “gammes”.
Je place également la leçon d’écriture dans ce schéma d’organisation : une demi-classe avec moi face au tableau pour l’apprentissage du geste correctement orienté et une demi-classe en exercices graphiques répétitifs, ceci en fin d’après-midi.
Je garde le reste du temps pour les apprentissages en grand groupe (rituels, mémorisation, histoires, apprentissages culturels, échanges divers…) et les ateliers d’expression manuelles et physiques.

Pratique pédagogique

Elle répond au principe de la pédagogie explicite : transmettre un savoir et des habilités par l’explication, l’interrogation, l’explicitation et l’implication permanente de l’élève. Je reprends le schéma de la pratique guidée en simplifiant ou plutôt en privilégiant la manipulation d’outils concrets qui répondent mieux aux capacités d’apprentissage des jeunes élèves, je fais moins d’exercices mais plus de verbalisation : savoir dire ce que je fais et comment je le fais est pour moi la meilleure évaluation. La disposition des élèves me permet de centrer l’apprentissage sans l’éparpillement et le bruit que génère en général le travail en atelier. Je suis individuellement chaque élève et je peux intervenir si je constate qu’un enfant ne comprend pas, l’empêchant par là-même de s’installer dans une compréhension erronée, ce qui arrive souvent dans l’apprentissage en ateliers. Et la cerise sur le gâteau, c’est le CALME car même la demi-classe en atelier avec l’Atsem est plus attentive (en ayant une oreille à ce qui se passe avec la maîtresse !).

Je suis aujourd’hui convaincue de l’intérêt de cette pédagogie et je n’aurai de cesse qu’elle soit appliquée par le plus d’enseignants possible. C’est pourquoi, je me suis engagée dans cette démarche et j’espère que mon témoignage en intéressera d’autres !

 

Identification

Une reconnaissance ministérielle


dénommée antérieurement 3evoie


Qui est en ligne ?

Nous avons 152 invités en ligne

À LA UNE !