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Pisa : le bilan français.

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Pisa : le bilan français.

L'école française tout juste dans la moyenne des pays de l'OCDE, Le Monde, 8/12/10, Maryline Baumard.

Pourquoi l'école française ne corrige-t-elle pas les inégalités ? Le Monde, 4/1/11, Luc Cédelle.

 

 

Un rappel tout d'abord.

PISA (Programme International Pour le Suivi des Acquis des Elèves) a été créé il y a dix ans. Il mesure tous les trois ans le niveau de compétences des élèves de 15 ans des 34 pays de l'OCDE et de 41 pays partenaires.

Les résultats de sa dernière étude triennale ont été publiés le 7 décembre dernier.

470 000 collégiens ou lycéens ont été évalués en 2009 - auxquels se sont ajoutés, en 2010, 50 000 étudiants de 9 pays partenaires.

Ce qui est évalué, c'est l’aptitude des élèves à appliquer les connaissances acquises à l’école aux situations de la vie réelle. Autrement dit, ont été mesurées les compétences dont tout citoyen moyen a besoin dans son ordinaire.

 

Evolution du classement de la France.

En neuf ans, la France a perdu six rangs en compréhension de l'écrit, passant de la 12e place en 2000 à la 18e en 2009 sur 26 pays de l'OCDE. 18e sur 26, donc.

En six ans, la France a perdu trois rangs en mathématiques, passant de la 13e place en 2003 à la 16e place en 2009 sur 28 pays de l'OCDE. Rappelons : 16e sur 28.

En revanche, la France est restée stable en culture scientifique : 21e place en 2006, même chose en 2009 sur 34 pays de l'OCDE. 21e sur 34.

Ainsi, ces différents résultats placent la France tout juste sous la barre de la moyenne des pays de l'OCDE.

 

Des écarts qui s'élargissent.

Si la proportion des élèves les plus performants a légèrement augmenté (8,5% en 2000 ; 9,6% en 2009 ), le pourcentage des élèves "faibles" a cru de façon significative : 5% en dix ans. C'est ainsi qu'en français, 22,5% des élèves ont du mal à comprendre ce qu'ils lisent et qu'en mathématiques, le même pourcentage d'élèves peine à appliquer les formules mathématiques et à conduire un raisonnement. Près d'un quart donc des élèves sont en difficulté et c'est ce groupe grandissant qui tire la moyenne des performances scolaires françaises vers le bas.

 

Le poids des déterminismes socio-économiques.

Les inégalités de réussite scolaire sont en étroite corrélation avec les caractéristiques des milieux sociaux des élèves - ce que souligne Maryline Baumard quand elle emploie comme sous-titre ("l'école des héritiers") dans son article du 8 décembre dernier.

En effet, la variation de la performance des élèves selon leur milieu socio-économique est de 28% en France et de 22% dans les pays de l'OCDE - ce qui place notre pays au 8e rang mondial de l'inégalité.

Bonne place mais triste place.

 

Deux analyses.

Luc Cédelle fait le constat de trente ans de "politiques compensatoires" avec, en 1982, la création des ZEP (Zones Prioritaires d'Education) qui visaient des quartiers ; puis, en 2006, des RAR (Réseaux Ambition Réussite) et, en 2010, des CLAIR (Collèges et Lycées pour l'Ambition, l'Innovation et la Réussite) qui concernaient des établissements ; et enfin, la création récente des internats d'excellence et des ERS (Etablissements de Réussite Educative) à l'adresse d'élèves particuliers. Ainsi, après s'être souciée des territoires, puis des établissements, l'Education Nationale s'occupe aujourd'hui des individus - ceux-ci se substituant à ceux-là, sans que jamais il n'y ait, comme le regrette Luc Cédelle, la volonté de combiner ces différents dispositifs. Par ailleurs, Luc Cédelle pointe du doigt l'assouplissement de la carte scolaire qui nuit à la mixité sociale et renforce" une dynamique de séparation", dénonce les déclarations d'intention du ministère (notamment son engagement sans suite de "mettre le paquet" en maternelle et en CP) et regrette l'absence d'évaluation des actions menées, l'accumulation des sigles , les multiples effets d'annonce , etc.

Eric Charbonnier, responsable PISA-France, constate, lui, que les programmes scolaires français "fonctionnent pour l'élite" et observe qu'en règle générale les pays les plus performants dans le classement PISA sont ceux dont les établissements disposent d'autonomie, d'évaluations non pas sanctionnantes mais constructives ("outil de pilotage"), de traitements adéquats des difficultés scolaires. Il ajoute également qu'à l'étude du large panel que l'enquête PISA aspecte, il peut affirmer que l'efficacité de l'école est due pour 94% aux politiques menées.

Dont acte.

Mise à jour le Lundi, 13 Mai 2013 21:13  

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