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L'apprentissage explicite de la lecture

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L’apprentissage explicite de la lecture :

le déchiffrage des mots et les règles phonétiques sous-jacentes

Bernard Wemague, Universitaire-Chercheur (Linguistique & Méthodologie), Bordeaux.

 

Le concept de règle, fondamental en pédagogie explicite, demeure relativement méconnu des recherches conduites sur l’enseignement et l’apprentissage de la lecture.

L’étude des propriétés structurelles et fonctionnelles des mots écrits est un des aspects les moins traités dans les travaux menés sur la pédagogie de la lecture. C’est parce qu’ils s’intéressent peu ou prou à la pédagogie explicite. C’est l’occasion d’évoquer ici, d’un point de vue de l’enseignement explicite, les principes d’organisation et de fonctionnement internes des mots et les règles de prononciation qui les gouvernent.

 

 

Sous le prisme de la linguistique contemporaine, la lecture d’un mot repose sur le système de règles de prononciation de ses lettres constitutives. Ainsi, les éléments de reconnaissance des mots sont internes et non externes (consistant particulièrement en référence au contexte de la phrase de texte, en recherche d’indices, en émissions d’hypothèses et en vérifications, etc.).

En termes d’hiérarchie, un mot est généralement composé de syllabes et, une syllabe, de lettres. La formulation de la règle de prononciation d’une lettre dépend des autres lettres qui sont présentes dans sa syllabe d’appartenance et qui forment son contexte et sa position dans ladite syllabe de support.

Par conséquent, les syllabes font partie intégrante des connaissances prérequises pour entreprendre l’apprentissage de la lecture des mots. Une implication de la nécessité d’une capacité de connaissance préalable des syllabes par rapport à l’apprentissage de la lecture des mots est une décomposition des mots en syllabes ; au reste, le découpage syllabique des mots pour la lecture en apprentissage obéit à l’exigence d’explicite.

Or, par leurs conceptions qui ne s’y prêtent guère, les recherches en amont et les méthodes de lecture en aval n’investissent pas les propriétés structurelles et fonctionnelles des mots écrits considérés ouvertement ou de manière sous-entendue comme des « images visuelles indivisibles ».

Dès lors, la capacité de déchiffrage des mots, préalable indispensable à la capacité à les lire, devient fort problématique.

Les recherches et les méthodes de lecture se trouvent confrontées à la difficulté majeure de déchiffrage des mots écrits faute d’intégrer l’exploration de la composition interne de ces derniers.

La pédagogie explicite de la lecture s’attache à répondre à deux grandes questions complémentaires qui sont les suivantes. Comment se prononce telle lettre dans telle syllabe ? Quelles en sont les conditions exactes de prononciation ? Pour ce faire, en termes cérébraux et cognitifs, elle procède à une décomposition des mots en syllabes en tant que constante distributive et signe graphique codant une unité phonétique, laquelle est une règle générale de prononciation.

 

Par rapport aux considérations ci-dessus, pour cerner la situation difficile actuelle des recherches et des méthodes d’enseignement de la lecture, quelques données scientifiques sont à rappeler.

Quatre facteurs essentiels déterminent l’élaboration neurocognitive de l’apprentissage de la lecture, qui sont les suivants :

1)      L’objet

2)      La perception

3)      La représentation mentale

4)      La compréhension.

Il importe de préciser qu’il s’agit de l’objet de la connaissance, de la perception de l’objet de la connaissance, de la représentation mentale de l’objet de la connaissance et de la compréhension de l’objet de la connaissance.

Le contenu de l’objet de la connaissance éligible au fonctionnement du cerveau pour l’apprentissage de la lecture est le signe graphique minimal et ses combinaisons correspondant à l’unité phonétique minimale et ses combinaisons, lesquels sont des constantes distributives appelées lettre et syllabe dans le premier cas et son et syllabe dans le second et permettant de construire l’ensemble des catégories d’unités de la langue écrite et de la langue parlée entre lesquelles existe une relation bijective dite correspondance grapho-phonétique inscrite au cœur du principe alphabétique des langues humaines dotées de système d’écriture et mobilisées au premier chef dans l’enseignement et l’apprentissage de la lecture.

Or, les recherches et les méthodes pédagogiques de la lecture n’ont pas pertinemment défini le contenu de l’objet de la connaissance, à savoir les lettres et les syllabes, que leurs conceptions relèguent au second plan et, à travers elles, les bases fondamentales de construction du code en tant que socle de construction de l’apprentissage de la lecture et canal de transmission du sens. Par suite, la perception de l’objet de la connaissance, qui est le premier maillon de la chaîne des processus neurocognitifs d’apprentissage de la lecture, est fausse. Cette erreur induit une défaillance de l’ensemble des processus neuromentaux d’apprentissage de la lecture.

Ainsi s’explique, très succinctement, d’un point de vue du fonctionnement cérébral et mental, l’inadaptation des méthodes d’enseignement de la lecture.

 

Ce texte souligne l’enjeu capital, en termes d’explicite et de contraintes cérébrales et cognitives, de la décomposition des mots en syllabes dans le cadre de l’enseignement et de l’apprentissage de la lecture.

En effet, l’enseignement et l’apprentissage explicites de la lecture se construisent selon le mode de fonctionnement du cerveau et de la cognition, sur les lettres, les syllabes et les mots en lien avec le sens et, par voie de conséquence, sur le code et le sens.

 

Bernard Wemague

Mise à jour le Dimanche, 17 Mars 2013 21:04  

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